1983/2008 LA MAPRA A 25 ANS

Le 26 juin dernier, la MAPRA fêtait ses 25 ans dans les jardins du Musée des Beaux-Arts de Lyon, en présence de M. Jean-Jack Queyranne, président du Conseil Régional Rhône-Alpes et de M. Gérard Collomb, Maire de Lyon. Artistes, élus, représentants d’Associations, d’institutions, directeurs de galeries, de services divers et autres professionnels des arts plastiques et dans d’autres domaines…,
plus de 700 invités se sont retrouvés à partir de 19h pour fêter la Maison des Arts Plastiques Rhône-Alpes.
Après des prises de paroles par son président, le Maire de Lyon et le président de la Région, un superbe concert de Jérémie Siot organisé par le Grame, faisait à l’évidence, pendant une demi heure passer l’émotion sur des œuvres de Jesper Nordin et Steve Reich. La soirée se prolongeait par un cocktail disposé sous le cloître. Par l’installation d’un bar convivial et très apprécié, la Société Ricard participait également à la fête. Les derniers invités quittaient le Musée vers 23h.

 
   



DIAPORAMA ANNIVERSAIRE
  DÉcouvrez Également la vidÉo des 25 ANS
26 juin 2008 : Anniversaire de la MAPRA dans les jardins du Musée des Beaux-Arts de Lyon
   
 

HISTORIQUE DE LA MAPRA

Texte Madeleine Lambert, vice-présidente de la MAPRA
Extrait du document édité par la MAPRA pour son 25e anniversaire

À cette occasion, le Conseil d'Administration par la voix de son président, m'a confié la tâche (qui n'est pas sans périls) de faire un historique, en référence sans doute à mon implication active de 1967 à 1987, comme secrétaire de l'Union des Arts Plastiques, association qui a donné naissance à la MAPRA en 1983 et à celle de sa soeur aînée l'URDLA en 1978.

Pour remplir cette mission, je vais devoir survoler un peu l'histoire de France pour situer le contexte : si l'on examine ce siècle que nous venons de laisser derrière nous (sa capacité meurtrière, mais dialectiquement sa capacité de création) et en se référant particulièrement aux arts plastiques, les tendances post-Cézanniennes que sont le Cubisme et le Surréalisme (entre autres mouvements), ont dans les années 1910/1920, plongé dans le siècle, ouvrant la brèche de la Modernité. Sans oublier le lien étroit entre les Arts Plastiques et l'Architecture, avec l'existence du Bauhaus en Allemagne de 1919 à 1933.
Dans le même temps, le Mouvement Social qui prend corps et aboutit au Front Populaire en 1936, est une avancée sociale et CULTURELLE. Aux années de "Grand Sommeil" que sont les années 1939/45, succèdent des années d'espoir et de reconstruction. C'est dans ce contexte que se développe l'idée de décentralisation ; aidée par la naissance des Comités d'Entreprises, de structures sociales, du Droit de vote pour les Femmes etc. Ce sont les idées de 1936, qui se mettent en pratique et pour la part qui nous concerne, à savoir la Culture, elle doit être l'AFFAIRE DE TOUS.

C'est dans cet état d'esprit, que va se développer dans les années 50, au niveau de l'institution qu'est le Ministère de la Culture, la Décentralisation, avec la création des Maisons de la Culture d'André Malraux, réparties dans les régions, la décentralisation théâtrale, avec le premier Festival de Théâtre en Avignon. Pour les arts plastiques, c'est l'ouverture de la Maison des Artistes rue Berryer, avec par la suite la gestion de la couverture sociale pour les artistes (comme pour tous les citoyens) posée pour la première fois. C'est le vote en 1951, de la loi sur le 1% artistique pour les constructions de l'Éducation Nationale, de la loi sur les Droits d'auteurs etc...

Cette décentralisation va être confortée par la sensibilisation d'un nouveau public, notamment populaire, qui passera par les Comités d'Entreprises créés en 1946. Ceux-ci favorisant l'émergence d'associations culturelles telles que Travail et Culture, laquelle pendant près de 40 ans favorisera les contacts organisationnels entre le monde du Travail et le milieu artistique. Dans le département du Rhône, l'architecte Bornarel en fut un des présidents, Pierre Giouse le secrétaire de 1969 à 1979, précédé dans ce poste par Madeleine Gomiz et Armand Sûhm lui succéda dans les années 80.
Pendant la Guerre de 39/45, en soutien à la Résistance, des écrivains s'étaient regroupés dans l'Union des Ecrivains, il en fut de même pour les artistes plasticiens, regroupés au sein de l'Union des Arts Plastiques et dont le premier président fut Picasso. Après la guerre elle se développa à Paris mais aussi à Dunkerque, Rouen, Grenoble, Valence et bien sûr à Lyon. Dans les années 1960/70, un bureau national, représentant les différents départements impliqués et auquel je participais pour le Rhône, était animé par Jean-Pierre Jouffroy.

À Lyon, son président en fut Georges Manillier, qui succéda à Ludovic Chabredier. J'en étais la secrétaire, René Munch le trésorier. Dans les années 70, le conseil d'administration décida d'une présidence collective avec Max Schoendorff, Josef Ciesla, Alain Lovato. Un groupe actif composé de Jean Tallaron, Jean-Claude Vincent, ThérÈse Contestin, René Jaros, Gérald Martinand, Roger Groslon, Exeter et j'en oublie, participa à ce qu'est aujourd'hui la MAPRA.
Mais revenons au début des années 70, l'Union des Arts Plastiques hébergée un temps par Travail et Culture, qui lui apporte une aide logistique, peut grâce à celle-ci se développer.
Son objectif : regrouper les artistes pour formaliser nos besoins sociaux et professionnels, mais aussi répondre aux besoins populaires exprimés par les comités d'entreprises, les municipalités, les associations... pour des expositions, des conférences, des ateliers etc...

Je dois faire ici un aparté sur le rôle joué par Georges Manillier (qu'il faudra bien un jour sortir du purgatoire dans lequel il se trouve depuis sa mort en 1981). Outre qu'il fut un peintre prolixe, il eût un rôle de formation en tant qu'enseignant de dessin dans l'enseignement technique, mais aussi un rôle d'éducation populaire par le biais de conférences, de débats, d'ateliers, d'expositions qu'il anima au sein des entreprises, des associations, des municipalités.
C'était dans la mouvance de 1968, suivi de près par le projet de Programme Commun de la Gauche de 1973 à 1977, dans lequel l'Union des Arts Plastiques, voyait le cadre d'une société pouvant prendre en compte ses revendications.

C'est dans cette effervescence que nous avons édité sur le plan national le bulletin "QUAND LES ARTISTES FONT LEURS COMPTES" et qui reprenait les grandes lignes de ce que nous souhaitions.

À Lyon, l'Union des Arts Plastiques depuis 1976, eut l'occasion de mettre en pratique les idées avancées toutes ces années et aidée par les institutions : état, ville, région, de créer en 1978, l'Association URDLA, dont la tâche était, après avoir racheté le matériel d'une imprimerie de lithographie commerciale qui partait à la casse, de créer le "1er atelier Collectif". La présidence en fut confiée à Max Schoendorff.

En 1983, l'Union des Arts Plastiques aida à la création de l'association MAPRA, dans les mêmes conditions, avec l'aide des institutions. La ville de Lyon, mit à notre disposition un local rue Étienne Rognon (derrière l''actuel CHRD), la région nous aida pour le matériel et la DRAC permit l'embauche d'une personne permanente en la personne de Dominique Jacottet. Les premières années Max Schoendorff en fut président, remplacé début des années 90 par Alain Lovato qui prit la suite.

Depuis le début nous avons fait exister ce qui est encore aujourd'hui : un lieu d'exposition, une bibliothèque d'information, en particulier sur les artistes, un mensuel d'informations professionnelles, un annuaire recensant les artistes, les structures et les lieux, un studio-résidence pour artistes...
Si le soutien institutionnel au début comme aujourd'hui fut toujours effectif, il resta toujours en-deçà des besoins minimums, nous mettant souvent en difficulté.
Si nous avons régulièrement refait surface, c'est grâce au personnel qui a souvent fait dans certaines périodes un travail bénévole, ainsi que le Conseil d'administration, lequel aujourd'hui encore fait un roulement rue Paul Chenavard, pour ouvrir la MAPRA, le samedi après-midi au public.
Longue vie à la MAPRA, qui est un outil pour les artistes.


 

EXTRAITS DE L’INTERVENTION D'Alain LOVATO PRéSIDENT DE LA MAPRA, à LA MANIFESTATION DES 25 ANS.
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Je vous avertis tout de suite, mon intervention sera brève, et pas très originale, car axée avant tout sur des remerciements.
Aujourd’hui est l’occasion de pouvoir le faire publiquement, et nous le faisons avec force, car une histoire comme la MAPRA ne peut se faire sans un ensemble de personnes qui nous ont fait et nous font confiance.      
Cela contrebalance largement ceux à qui la MAPRA a donné des boutons, certains d’ailleurs, se grattent toujours...
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Alors la MAPRA ? : une belle histoire ! un beau chantier ! une belle aventure, mais un parcours du combattant.
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En créant la MAPRA, il ne s’agissait pas de créer un club d’artistes rhônalpins, mais bien de mettre en place une  structure de service de proximité, un centre d’information dans le domaine des arts plastiques, au service de tous, et fonctionnant avec des salariés .
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Évidemment, en 1983, dans une France centralisée, cette initiative Régionale était par certains fortement suspectée de régionalisme.
Certains voyaient déjà une Maison des Arts Plastiques ou les “artistes locaux” se réuniraient le samedi soir pour danser la bourrée rhônalpine avec de la paille dans les sabots à la place de Burlington.
Les plus fragiles veulent toujours la voir ainsi...(?)
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BREF !!... LES MISSIONS DE LA MAPRA étaient et sont de faire une information dite objective sur le panorama (en 1983 comme en 2008) du monde des arts plastiques dans notre région, sans opinion à priori sur ce que doit être aujourd’hui la création, sans choix esthétique, mais une simple constatation de ses réalités, de sa mouvante et riche diversité par l’identification des artistes engagés dans une œuvre, et de tous les éléments et paramètres concernés.
En faire le recensement permanent, et en informer le plus largement possible tant à l’extérieur qu’à l'intérieur de Rhône-Alpes.
Une information sur tous les acteurs dans ce domaine : évidemment sur les artistes, mais également sur les diffuseurs, médiateurs, décideurs et professionnels divers, structures, manifestations et lieux divers...  

Il faut souligner que la conception du travail de la MAPRA est contenue dans son propre nom.  
Elle ne s’appelle pas La Maison des Artistes R-A, mais la Maison des Arts Plastiques.  
Pour ceux qui l’ont créé, il était indispensable de concevoir l’information d’une façon globale.
L’artiste est certes le premier maillon de la chaîne, mais comme nous le savons , après sa création, (et parfois avant), pour le cheminement de l’œuvre, chaque maillon, chaque acteur est interdépendant.
Une des missions importantes de la MAPRA, est l’information et la sensibilisation du politique, de l’élu aux réalités de la condition de l’artiste.
Ce travail est mené par l’association elle-même, qui dans une réalité nationale et européenne, travaille à ces différents niveaux en partenariat avec des structures représentatives comme la Maison des Artistes.
Avec ces associations, elle participe à la défense du statut de l’artiste et à son évolution.
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Concernant son financement... si aucun de ses interlocuteurs n’a jamais ignoré la MAPRA ils ont à des hauteurs très diverses accompagné son évolution.

La Ville de Lyon, en lui attribuant depuis le début des locaux, et la Région une subvention, devenaient de très loin ses premiers financeurs et le sont restés, devant la DRAC qui (même si elle a également pris en compte la MAPRA depuis le premier jour), reste malheureusement aujourd’hui sur une faible subvention non réévaluée depuis 2000. Pour sa part, le Conseil Général du Rhône se cantonne dans un financement symbolique.

D’année en année, de cap en cap plus ou moins difficile à franchir, avec des petits hauts et des grands bas, la MAPRA arrivait en 2005 sur une année particulièrement critique, et charnière pour sa pérennité.

Par une augmentation de leur participation plus proche des réalités de la MAPRA, la Ville de Lyon et le conseil régional lui permettaient de péréniser des emplois, donc de continuer à faire son travail.
Qu’ils en soient vivement remerciés.
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Cette manifestation des 25 ans n’aurait pu avoir lieu sans la participation de la Ville de Lyon et de ses services, de la Région Rhône-Alpes, et de la fondation BULLUKIAN. Nous les remercions tous vivement.
Nous remercions également la société RICARD, qui a participé généreusement à la soirée.

 

La MAPRA remercie tous ceux qui lui ont adressé leurs photos d'anniversaire.
Dans le diaporama, photos de : E. Rogniat, F. Morel, Ph. Doby, R. Deyrail, Ch. Goyard.
Le film est de Carmen Arrabal / La MAPRA la remercie vivement.